Le soir de juin tombait des grands cieux violacés
Sur la ville encuivrée, sous les lueurs rougeâtres
De longues traînées d'ombre, en spectres effacés
S'étalaient en motifs dans les allées jaunâtres
À l'horizon lointain du flamboyant couchant
Au-delà de la ville et par-delà les plaines
Le Grand Astre orangé, de son sang s'épanchant
Déversait jusqu'à moi ses douleurs et ses peines
Les reflets célestes dans mes yeux égarés
Enflammaient les visions d'un monde imaginaire
Où des dieux ennemis, dans les éthers moirés
Imitaient le combat de l'ombre et la lumière
Les ténèbres vainqueurs avançaient lentement
Pour enlever au jour sa dernière espérance
Et partout la nuit noire engouffrait tristement
Les fenêtres d'azur qui fondaient en silence
Le jour s'évaporait vers d'autres lendemains
Comme les parfums dans la brise vespérale
Et bientôt ne resta pour guider mon chemin
Que le livide éclat des lueurs sidérales